Ensemble contre la peine de mort

(actualisé le ) par La Classe Journalisme

La sortie de ce lundi 23 mai est prévue depuis longtemps ; mais les élèves ne savent que depuis une semaine que certains vont être primés.

Tenue correcte exigée : pas de basket ni de jogging.

En effet, les élèves de 3ème2 sont au quai d’Orsay : les murs sont ornés d’or, les lustres sont en cristal, des sculptures et des tapisseries décorent les murs en marbre.
Le quai d’Orsay abrite le ministère des affaires étrangères : c’est donc un endroit très important pour la République.

Sous les ors de la République



 Pourquoi les 3ème2 sont-ils invités dans ce lieu prestigieux ?

Les 3èmes2 au Quai d’Orsay

La classe a participé à un concours organisé par l’association "Ensemble contre la peine de mort". Il consiste à parler de la peine de mort, à lutter contre la peine de mort car elle n’est pas abolie dans tous les pays.



Les gagnants du concours doivent être annoncés au ministère. Les articles et dessins sélectionnés seront publiés dans un journal à la fois en français et en anglais. Ce journal sera distribué aux participants du prochain Congrès Mondial contre la peine de mort qui aura lieu à Oslo du 21 au 23 juin 2016.

Fiers d’abolition mag

Abolition mag ; en français et en anglais. Cliquez sur l’image pour le télécharger.



 La préparation du projet en classe et les productions des élèves :

Dans ce projet, les élèves avaient à choisir entre quatre ateliers.

Deux ateliers sont encadrés par Mesdames Lanoiselée et Galtier : il fallait écrire des articles sur la peine de mort avec l’aide de journalistes et après avoir entendu les témoignages de Caroline et Julie Altounian. Ces deux personnes ont été victimes d’un attentat au Caire ; ils racontent leur expérience, leurs souffrances mais affirment que punir de mort les auteurs des attentats ne permet pas aux victimes de se sentir mieux, qu’au contraire c’est "se rabaisser au niveau des criminels".

Un article est rédigé par un autre groupe sur la vie quotidienne de Sabine Atlaoui.
Sabine Atlaoui est une femme dont le mari est condamné à mort en Indonésie pour trafic de drogue. Il est en prison depuis 10 ans. La vie au quotidien est horrible pour elle et ses enfants : son mari peut être exécuté à tout moment.


Le dernier atelier consiste à faire des caricatures pour dénoncer la peine de mort.

Production de Faouzi


Production de Inès


Production de Kamel



 Les discours et la remise des prix

Patrizianna Sparacino-Thiellay, Ambassadrice pour les droits de l’Homme

Patrizianna Sparacino-Thiellay, Ambassadrice pour les droits de l’Homme, présente la cérémonie.
De nombreux intervenants se succèdent au micro pour remercier les élèves de leur travail dont la qualité est soulignée à de nombreuses reprises.
Parmi les intervenants, le directeur général de l’association Ensemble Contre la Peine de Mort, Raphaël Chenuil-Hazan, s’exprime le premier.

Le directeur général de l’association Ensemble Contre la Peine de Mort, Raphaël Chenuil-Hazan

Guillaume Denoix de Saint Marc, fondateur et directeur général de l’Association française des Victimes du Terrorisme, prend ensuite la parole. Puis c’est au tour de Chloé Laudereau, chargée de projets pédagogiques à Cartooning for Peace.

Les temps forts du discours du président de l’association "Ensemble Contre la Peine de Mort"

Enfin, vient le moment tant attendu de la remise des prix qui récompensent notamment des élèves de Malraux. Trois journalistes montent sur scène : Desislava Raoul (bTV), Mathilde Lemaire (France Info), Alain Morvan (Le Républicain Lorrain) pour remettre les prix.

Les élèves primés



Sofiane A., Nawel B. , Léa C., Injy K. et Camélia M. du collège André Malraux reçoivent un prix pour leur portrait de Sabine Atlaoui :

PORTRAIT
L’amour indéfectible
d’une combattante

Portrait d’une femme : Sabine Atlaoui
Nous avons rencontré une femme, petite, cheveux longs, brune, elle avait l’air fatigué mais heureuse d’être là. Nous étions intimidés, nous avions peur de la blesser. C’était un témoignage lourd à entendre, c’était émouvant. Elle nous a parlé en toute sincérité, en toute intimité et en toute simplicité. Il n’y a pas eu de grandes
phrases, ni de longs discours. Peut-être que nous lui rappelions ses enfants.

Protéger ses enfants à tout prix
Elle a appris la nouvelle par une amie puis par un flash info. Il y a eu le choc, l’incompréhension et sa priorité était de prévenir ses enfants. Les filles de Serge avaient 13 et 15 ans et son fils avait 13 ans. Elle a toujours protégé ses enfants. Le plus difficile pour elle, ça a été de ne pouvoir répondre aux questions de ses enfants : elle était obligée de dire la vérité, même si celle-ci se résumait parfois à leur dire « je ne sais pas ». Et c’était le plus difficile, nous confie-elle. Elle est naturellement
retournée à son travail de femme de ménage, puis a été obligée de trouver un deuxième emploi pour les besoins de sa famille. Quant à ses enfants, ils sont retournés directement à l’école. Là-bas, ils ont entendu des horreurs. Par exemple leurs camarades de classe leur ont dit « ton père est un criminel ! Il va finir à la chaise électrique ! ». Ils ont dû faire face aux préjugés et Sabine Atlaoui a été obligée de canaliser ses enfants, de passer des heures à discuter avec eux. « Les enfants n’y
sont pour rien », nous dit-elle.

Son amour indéfectible pour son mari Serge Atlaoui
Tout au long de son combat, Sabine Atlaoui a tout fait pour sauver son mari de prison. Elle l’aimait et elle l’aime toujours. Elle n’a jamais voulu le laisser tomber. Elle l’aime tellement qu’elle avait décidé d’avoir un enfant avec Serge Atlaoui pendant qu’il était en prison. Elle n’a jamais abandonné son mari.

Nos sentiments
Son témoignage était triste à entendre. Malgré tous ses problèmes elle a su être forte, elle n’a rien lâché depuis dix ans aux côtés de son mari. Son histoire est émouvante. « Je ne souhaiterais à personne un malheur pareil », conclut Sabine.




Un débat entre Agathe André, présidente de l’association Dessinez-Créez-Liberté, et Sandrine Ageorges-Skinner, épouse de Hank Skinner, condamné à mort aux États-Unis vient conclure cette matinée.

Le débat

Il est temps de laisser la place : le ministre est attendu d’une minute à l’autre.

Reste l’essentiel : grâce à ce concours le point de vue de certains élèves présents a évolué pour l’abolition de la peine de mort.
Cependant, malheureusement, le combat doit continuer.


 Le mot des élèves

Mais laissons le mot de la fin aux élèves, avec leur discours de remerciements :

Camélia :

" Nous sommes très touchés d’avoir reçu une récompense pour notre article.

Nous nous sommes investies dans sa rédaction car le projet porté par l’association Ensemble contre la Peine de Mort nous a passionné. Pour une fois nous n’avions plus ni seulement des cartes, des chiffres ou des textes, comme d’habitude en cours, mais de vrais témoins, en chair et en os, qui se sont déplacés dans notre collège pour nous rencontrer. Cela a donné lieu a des échanges forts, qui nous ont marqué et que nous n’oublierons jamais.

Ce projet nous a fait prendre conscience de la nécessité de l’abolition de la peine de mort dans le monde . Nous espérons que nos articles et nos caricatures convaincront à leur tour de nombreuses autres personnes. "

Sofiane :

" Nous voulons remercier Charlène pour son investissement, sa gentillesse, ses synthèses précises et éclairantes. Nous voulons remercier Deslilava pour son énergie, son professionnalisme et sa générosité incroyable. Merci à Mana Neyestani ses caricatures qui ont, un temps, recouvert le tableau noir de notre classe, merci à Caroline et Julien : nous non plus nous n’oublierons pas Cécile, tuée dans les attentats du Caire en 2009 . Nous avons une pensée particulière pour Sabine Altaoui : nous savons qu’à l’heure qu’il est son combat continue et nous voulions l’assurer de tout notre soutien . Nous continuons de penser très fort à elle depuis que nous l’avons rencontré. Et nous tenons, encore une fois, à saluer « l’amour indéfectible d’une combattante »."




Ecrit : Grace / John
Son : Séné
Photographie : Yatte

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